A.I.L.O se prononce Hello

 

Derrière l’acronyme A.I.L.O (Atelier d’Immersion Lumineuse et Obscure), se prononçant comme le mot hello, se cache une jeune plasticienne qui, depuis 2014, expérimente les processus d’interaction entre lumière et obscurité, palpable et impalpable, réalité et reflet, pour créer des volumes : installations ou sculptures. Elle privilégie l’acier et les miroirs pour leurs qualités réfléchissantes, leur aptitude à intégrer l’environnement et le spectateur dans ses œuvres, à en faire des composantes essentielles.

Immersion et interaction sont les notions maîtresses de ses productions qui engagent le regardeur dans des expériences sensorielles et visuelles, dans un dialogue visant à le déconnecter du réel. La lumière et les lignes en sont les composantes principales. Les lignes structurent des volumes aux arêtes vives, évacuant toute velléité ornementale pour se concentrer sur l’essentiel : la forme géométrique élémentaire. La lumière, par sa capacité à envahir l’espace, plonge le spectateur au sein même de la structure, que son reflet spéculaire anime et habite. Ses déplacements modifient l’œuvre et font de lui une partie prenante de sa (re)création, le déstabilisant au point de lui rendre difficile la distinction entre la réalité matérielle et sa démultiplication éclatée par les surfaces réfléchissantes.

Les étonnantes créations d’ A.I.L.O et leurs jeux d’optique chamboulent nos certitudes et notre perception des éléments, perturbent notre stabilité, nous font rentrer dans l’œuvre, nous en rendent consubstantiels. Il en est ainsi de ses travaux récents où se reflètent simultanément l’image de l’espace d’exposition et celles des visiteurs qui se déplacent autour des installations, abolissant ainsi toute hiérarchie entre haut et bas, loin et proche…

Peut-être peut-on y voir ce «certain point de l’esprit d’où la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l’incommunicable, le haut et le bas cessent d’être perçus contradictoirement par lequel André Breton définissait l’aventure surréaliste.

 

Louis Doucet

Carré décomposé

2015

Installation en acier Inoxydable, projecteur à découpe. Dimensions, variables.

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